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Les nouvelles représentantes des jeunes auprès de l’ONU

Les nouvelles représentantes des jeunes auprès de l’ONU sont Flore De Pauw pour le Développement durable et Lisa Koopman pour la Jeunesse. Elles ont toutes deux été élues à Bruxelles pour un mandat de deux ans.

Flore (23) étudie les relations internationales à l’UAntwerpen. Si son choix d’études a été avant tout guidé par son intérêt pour la politique, les matières liées à l’inégalité, la pauvreté, l’exclusion sociale et le climat ne manquent pas non plus de l’intéresser. La représentante pour la Jeunesse, Lisa (23), étudie les sciences politiques à l’UGent. Elle a été cheftaine pendant cinq ans dans un mouvement de jeunesse, où elle a appris évoluer aux côtés des jeunes. Selon ses propres dires, c’est principalement de là que vient son intérêt pour cette matière. Elle a toujours trouvé intéressant de pouvoir travailler avec des gens, mais c’est toutefois la politique qui l’attire encore davantage. Elle voudrait que la voix des jeunes retentisse encore plus fort à ce niveau.

De solides candidats

Comment est-ce que vous vous êtes lancées dans ce projet ? Ce n’est pas vraiment le genre de décisions que l’on prend du jour au lendemain.

  • Lisa : Je suivais le conseil de la jeunesse de Torhout sur les réseaux sociaux parce que j’ai souvent participé à leurs réunions pour le compte de la KSA (« Katholieke Studenten Actie »). De fil en aiguille, j’ai également fini par suivre le conseil de la jeunesse de la Flandre toute entière. C’est alors que j’ai vu apparaître une publicité sur mon fil d’actualité faisant état d’un appel à candidatures. J’ai alors décidé de m’inscrire, sans réellement nourrir de trop grands espoirs.
  • Flore : Cela s’est passé plus ou moins de la même manière pour moi. Je suivais moi aussi le conseil de la jeunesse flamand sur Facebook. Je suis très intéressée par les matières liées à la pauvreté, surtout chez les enfants et les jeunes. Dans le cadre de mes études, j’ai été en contact avec des organisations qui travaillent avec des jeunes en situation précaire et j’ai appris à mieux connaître les quartiers sociaux grâce à mon stage. Mais je sentais qu’il était possible d’aller plus loin. Aujourd’hui, une génération entière de jeunes est mise à l’écart sur la simple base de son statut socio-économique. C’est de cette indignation qu’a grandi en moi l’idée qu’il est indispensable de continuer à en parler. C’est un problème qui ne doit pas rester en arrière-plan.

Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez entendu le résultat ?

  • Lisa : C’était vraiment un double sentiment ; ça semble toujours irréel. Mais je pense que tout va bien se passer lorsque nous nous mettrons au travail et que nous endosserons notre mandat. Je ne sais pas encore tout à fait en quoi cette fonction consistera, mais je pense que les choses évolueront positivement et que ce sera un beau mandat dont je serai heureuse.
  • Flore : Les autres candidats étaient très forts, au moins aussi aptes que nous. C’est pour ça qu’il s’agit d’une surprise. Le jury a bien entendu des attentes spécifiques. Mais tous les candidats sont plus ou moins au même niveau. Et deux d’entre eux finissent par avoir de la chance.
  • Lisa : Je trouverais ça chouette que les autres candidats continuent à jouer leur rôle dans les groupes de travail.

Les jeunes qui font entendre leur voix et les jeunes plus silencieux

À partir d’aujourd’hui, vous représentez la jeunesse auprès de l’ONU. Savez-vous déjà comment vous aimeriez impliquer les jeunes et les faire participer au débat ?

  • Flore : Nous devons bien sûr réaliser des enquêtes, rendre visite à des classes et animer des ateliers. Il est tout aussi important de se rendre dans différentes associations et de se mettre activement à la recherche des jeunes qu’on entend peut-être parfois moins. Il ne faut pas s’attendre à ce que les jeunes complètent ces enquêtes et qu’ils apportent les réponses. Nous devons également écouter les jeunes qui font entendre leur voix. Les manifestants pour le climat, par exemple, descendent littéralement dans les rues, scandent leurs opinions et font entendre leur voix. Nous devons les écouter, tout en partant à la recherche de jeunes en situation plus précaire qui crient moins fort.
  • Lisa : Je suis tout à fait d’accord. Nous devons nous rendre dans les quartiers et demander explicitement : « De quoi avez-vous besoin et que pourrait-on améliorer ? ». Cela nous permettra d’obtenir plus d’informations de la part de jeunes qui rencontrent plus de difficultés.

Le climat va-t-il rester une grande ligne conductrice de votre action ?

  • Lisa : Je vais bientôt rencontrer le représentant francophone pour que l’on définisse ensemble notre priorité spécifique. En matière de Jeunesse, il est un peu plus difficile de tracer les contours de la matière. Je laisserai plutôt le thème climat à Flore. Sara, la précédente représentante de la Jeunesse, s’est surtout concentrée sur la sécurité. Je pense qu’il peut être sage de poursuivre sur cette lancée. Mais j’aimerais également travailler sur le thème de l’économie circulaire.
  • Flore : Toute personne qui s’intéresse au développement durable ne peut bien sûr pas ignorer le climat. J’accorde toujours de l’importance à l’aspect social, mais nous devons aujourd’hui vraiment faire plus en matière de climat. C’est dommage qu’il ait d’abord fallu créer un contexte favorable pour que les choses changent, parce que le climat a toujours été un problème de premier plan. J’aimerais que l’article 7bis soit bien ancré avant les nouvelles élections fédérales (Réd. : L’article 7bis est un ajout à l’article 7 de la Constitution, qui prévoirait que les autorités œuvrent ensemble à une politique climatique efficace conformément aux objectifs, principes et modalités de la loi spéciale.)

Auriez-vous quelques conseils pour la prochaine génération qui rêve de représenter les jeunes auprès de l’ONU ? 

  • Lisa : Il faut surtout ne pas penser qu’on n’en est pas capable. Il faut oser faire le pas et sortir de sa zone de confort. L’expérience en tant que telle est déjà très intéressante. J’ai déjà beaucoup appris, rien qu’en participant.
  • Flore : Je conseillerais surtout d’écouter les jeunes qui les entourent, s’ils s’engagent dans un mouvement de jeunesse par exemple. C’est la meilleure des préparations. D’ouvrir grands les yeux et les oreilles pour intégrer ce que disent les gens de leur entourage. Et, bien sûr, de croire en eux.