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26/01/2010
Responsabilité sociétale des entreprises: les fleurons wallons fleurissent

Les trois aspects de la responsabilité sociétale des entreprises

Elles sont des dizaines. Petites et grandes. Ont pour nom Altech, Ampacet Belgium, Azimut, Biomimicry, Carmeuse, Coris Bioconcept, Damnet, Derbigum, Distrinox, FIB Belgium, Genetec, Impribeau, Le Saupont, Lhoist, Pépinières de la Gaume, Modulart, Sabert, Spadel, Tecnolub, Tilman, Végépack, Voyages Copine, Xylowatt… Cette liste n’est, bien entendu, pas exhaustive. Mais qu’ont-elles en commun toutes ces entreprises ? Simplement  de sortir des sentiers battus pour intégrer dans leur fonctionnement des pratiques de durabilité connues sous le vocable de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ou, dans des mots plus simples, des pratiques de gestion durable : mobilité moins polluante, gestion de l‘énergie, dialogue avec les parties prenantes, diminution de l’empreinte écologique, politique d’achats durables, bonne gouvernance, respect de la biodiversité, lutte contre la discrimination, gestion des déchets et j’en passe…

Certaines ont franchi le cap parce que de grandes entreprises, des multinationales, leur imposaient des certifications ISO 9000 ou ISO 14001. D’autres l’ont franchi par opportunité économique ou technologie, d’autres enfin par simple choix. Ils ne sont pas les moins nombreux. Les patrons, managers environnementaux ou responsables de la RSE ces entreprises ont tous cette volonté commune d’inscrire leur entreprise dans une démarche où efficacité économique rime avec un véritable souci de l’humain et,ou, de l’environnement.

Etre motivé pour aller plus loin

S’exprimant auprès de nos confrères de Get up !, Heinz Werner Engel d’Eco-Conseil Entreprises, spécialiste de la gestion environnementale, avait ces mots très réalistes sur l’engagement de base qu’un patron pouvait avoir en matière de gestion durable… «  Si un patron n’est pas un tout petit peu branché sur ces questions, peu importe, on pourra déjà être content qu’il fasse scrupuleusement ce que la loi exige de lui. » Car en Belgique plus que dans bon nombre de pays, la loi est déjà garante d’une forme élevée de responsabilité sociétale des entreprises, il suffit d’observer les aux relations sociales au sein des entreprises. Alors ceux qui vont au-delà le font pour de bonnes raisons : motivation personnelle, mariage bien compris entre opportunité économique et défense de l’environnement, compréhension des mécanismes qui montrent que les entreprises les plus durables performent mieux que la plupart de leurs concurrentes non durables (surtout en temps de crise), etc. 

Pour Jean Henrotin, directeur de l’imprimerie Impribeau, ancien assistant social, fervent environnementaliste, c’est aux termes d’une formation sur la RSE que le déclic ultime s’est produit : « Cela fait belle lurette que nous voulions être chimiquement propre. » explique celui qui s’était déjà attaqué avec succès à la gestion des déchets et à la réduction de l’impact environnemental, « mais c’est la formation qui m’a ouvert les  yeux sur les possibilités d’amélioration en matière de gestion des ressources humaines ». Un bel aveu pour ce patron d’entreprise dont le bilan était auparavant pourtant très favorable : aucun jour d’absentéisme en 2008 pas plus que d’accident de travail en quinze ans d’activité. 

Les Green Techs au secours de l’environnement

Chez FIB Belgium, on fabrique sur mesure des fours industriels destinés à la fabrication du fil métallique. Une activité rare dont l’entreprise basée à Tubize est le leader mondial. Là aussi, on aime le travail bien fait, les solutions pour toujours s’améliorer, l’esprit d’équipe où chacun se donne à fond pour les autres afin de créer des produits irréprochables. Rien d’étonnant si la gestion durable s’y épanouit aussi. L’environnement y a la part belle notamment avec des inventions comme le lit fluidisé. Traditionnellement, pour assurer une bonne ductilité et une bonne résistance des câbles métalliques, ces derniers sont plongés dans des bains de plomb où ils subissent des transformations. FIB Belgium a remplacé le plomb au profit du sable. Placé dans un bac d’inox, le sable bénéficie alors de l’injection d’un gaz chaud qui en  change les propriétés. D’isolant, il devient conducteur ; de solide, il devient quasi liquide. Cette technique se révèle, et de loin, moins polluante que les bains de plomb. Démarche innovante, résultats économiques performants, adhésion à un modèle de gestion durable : quoi d’étonnant si fin 2008, FIB Belgium décrochait le titre « d’Entreprise de l’Année » organisée par Ernst & Young. Pour René Branders, General Manager, la démarche est simple : chaque année, ils font un pas supplémentaire dans la direction d’une gestion plus durable : « « Chaque année, nous nous attaquons à un ou plusieurs chantiers spécifiques à dimension sociétale. » Ces deux dernières années, il s’est attaqué à la gestion des déchets ainsi qu’à l’accueil et la formation des nouveaux arrivants. Sa philosophie ? Transmettre les compétences aux nouveaux venus, les accompagner, leur insuffler l’esprit de l’entreprise. « C’est comme ça que l’on crée une équipe… » sourit-il.

Chez Derbigum, l’un des axes a été la mise en place d’un système d’éco-gestion EMAS (l’Eco-management and Audit Scheme). La preuve que s’intéresser au développement durable est extrêmement pertinent à un niveau économique car, en fin de compte, l’investissement s’est avéré très vite rentable. «  Pour le site de production du Derbigum de Perwez, les économies générées ont été substantielles : récupération des énergies produites lors de la combustion en cours de fabrication, limitation et récupération des déchets, etc. » expliquait Patrick Cogneau, directeur des opérations chez Imperbel (1).

Des exemples d’améliorations environnementales appliquées aux processus de production, il en existe d’autres tels celui de Tecnolub. « En servant la cause économique, nous servons la cause écologique. » Tel est, année après année le leitmotiv de Frank Dethier, responsable des achats et de la logistique. Et pour cause, la société a développé un système de micro-lubrification des pièces d'usinage grâce à des pulvérisateurs intégrés. Résultat : au lieu de plonger les pièces dans de grands bains d'huile de 1000 à 5000 litres, la pulvérisation par micro-débit se contente de 2 ml/min jusqu'à 40 litres/min. Le gain économique a séduit Boeing et Airbus, mais l’environnement y a trouvé son compte puisque la micro-pulvérisation supprime en grande partie les problèmes de retraitement des bains d'huiles solubles.

Chez Spadel, le producteur des eaux SPA, la démarche RSE est inscrite dans les gênes. Comme me l’expliquait Bernard Michotte, environmental affairs manager, « lorsque votre produit est une eau d’une aussi grande pureté, il est naturel de protéger l’environnement qui la génère ». Et ce souci de l’environnement, Spadel le développe depuis des années à travers mille et un gestes comme la diminution de la quantité de plastique utilisé pour fabriquer les bouteilles. Entre 1971 et 2007, le poids des bouteilles en plastique a diminué de 40%. Ce qui représente une économie de 1800 tonnes de matière plastique. Et cette démarche trouve de nombreux autres échos : diminution de 23% de l’empreinte écologique de ses bureaux à Bruxelles (2), mais aussi l’utilisation du transport fluvial entre Liège et Anvers pour les produits finis destinés à la grande exportation. Bénéfice : 150 camions en moins chaque année sur les routes, soit un gain de 75% de CO2.

par Pierre Biélande

 

Si vous aviez des questions ou si vous vouliez savoir plus de certaines entreprises, n'hésitez pas à contacter info@développementdurable.be. Plus d'info sur la RSE vous pouvez trouver en suivant les liens suivants:

Des pistes pour vous renseigner sur la RSE: http://rse.wallonie.be ; http://www.rsenews.com/public/index.php (international FR)

Les réseaux RSE: http://www.businessandsociety.be/  ; http://www.kauri.be (NL)

 

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