
Tous les six mois, c'est un nouvel Etat membre qui assure la présidence du Conseil de l'Union européenne. Au cours du deuxième semestre de 2010, ce sera au tour de la Belgique.
L'organisation pratique des événements pendant la Présidence belge de l'Union européenne 2010, c'est-à-dire grosso modo au moins 500 événements et un montant total d'environ 70 millions d'euros, est entièrement placée sous le signe de la durabilité. Durabilité en termes de choix de lieu, de mobilité, de catering, de communication, de matériaux et d'événements en marge. L'objectif est de tendre au maximum vers un équilibre optimal entre les piliers écologique, social et économique. Les événements, colloques et conférences seront organisés par les pouvoirs publics fédéraux et les services publics des régions et communautés mais également par des organisations de la société civile. Si les organisateurs veulent arborer le label officiel de la Présidence belge de l'Union européenne, ils devront également signer une charte dans laquelle ils promettent que l'organisation pratique a été mise en œuvre de manière aussi durable que possible. Cet engagement sera concrétisé dans une check-list que chaque organisateur doit compléter en ligne. Une fois les réponses additionnées, on obtiendra un score traduisant la durabilité de l'événement dans la pratique.
Mesure et conception durables
« Nombre de services publics font appel à des bureaux d'événements spécialisés pour l'organisation pratique et bien souvent, ces sociétés ont encore besoin de se construire une capacité en termes de durabilité », explique Bart Vandermosten, du Service public fédéral de programmation Développement durable (SPP DD) qui soutient les efforts de durabilité des organisateurs dans le cadre de la Présidence à l'aide d'un helpdesk. « Nombre de questions ont trait aux innombrables recommandations et conseils concrets du manuel de 41 pages joint à la check-list et composé par la Commission Interdépartementale de Développement durable (CIDD). Il va de soi qu'il est impossible de tout respecter jusque dans les moindres détails. Il est toutefois important que les organisateurs tentent d'obtenir le score minimum de 60 %, même s'il ne s'agit pas d'un objectif contraignant mais d'une recommandation. En outre, nous considérons la Présidence comme l'occasion de placer la durabilité à l'ordre du jour du secteur et de trouver des solutions réalisables en concertation avec le secteur de l'événementiel, de l'horeca et des fournisseurs », ajoute le spécialiste en communication du SPP DD.
Vandermosten met également l'accent sur le fait qu'une organisation durable ne signifie pas une hausse générale des coûts : « Certains organisateurs paniquent car ils associent automatiquement le catering durable à de l'alimentation bio. Les produits de saison et régionaux sont cependant tout aussi durables, voire parfois meilleur marché que les simples produits alimentaires. Certains hôtels et traiteurs en oublient de s'enquérir des habitudes alimentaires ou de régime des invités et se trouvent alors confrontés à une inévitable et énorme pile de déchets. Une politique du personnel durable a également son importance. Comment un traiteur aborde-t-il les chances égales et la diversité ? Travaille-t-il selon les principes de l'économie sociale ou fait-il appel à des entreprises sociales ? Au SPP DD, nous estimons important que le marché perçoive notre signal et l'utilise ».
Calculer les émissions de CO2 et les réduire
Dans le cadre de la Présidence belge de l'Union européenne, le bilan CO2 des événements sera enregistré en ligne par le biais d'un calculateur CO2. Ce module établit à l'aide des réponses à un nombre restreint de questions une estimation des émissions totales en CO2 liées à un événement. A la fin apparaîtra un bilan CO2 qui permettra à l'organisateur d'immédiatement identifier d'où proviennent les principales sources de CO2 et d'y remédier. « Les organisateurs introduisent alors eux-mêmes les chiffres et y sont directement confrontés. Nous espérons que cela les sensibilisera », explique Bart Vandermosten. Le SPP DD n'aura alors plus qu'à additionner les résultats des différents événements pour obtenir le résultat global et évaluer la mesure dans laquelle les émissions peuvent être compensées par l'achat de crédits carbone. Vandermosten: « La compensation ne constitue en fait pas un but en soi. Nous voulons surtout procéder à des mesures et définir où il est possible de réduire les émissions. Il vaut mieux prévenir que guérir. Mais nous savons d'ores et déjà que les choses ne seront pas simples. La mobilité et surtout le trafic aérien pousseront fortement les chiffres d'émission à la hausse. Limiter les délégations ou organiser des vidéoconférences en remplacement ne constitue pas toujours une option lors d'une Présidence. Ce qui se passe en termes de networking et de concertation dans les coulisses est tout aussi important que ce qui se dit lors des réunions ».
Donner le ton
En prônant une organisation durable de cette Présidence, la Belgique entend rejoindre les rangs des précédents organisateurs tels que la France (2008), l'Allemagne (2007) et l'Autriche (2006). La charte, la check-list et le calculateur CO2 sont des nouveaux instruments qui devraient donner un coup de pouce durable à la Présidence, mais Bart Vandermosten voit les choses plus grandes, plus ambitieuses. « Nous voulons également évaluer la mesure dans laquelle les instruments fonctionnent en réalité et éventuellement comment mieux les mettre en œuvre. Nous aimerions pouvoir tirer des conclusions de cette expérience orientées avenir, et donner le ton pour d'autres grands événements : pour des festivals et des manifestations sportives, mais éventuellement aussi pour les Présidences futures ».
Antoine Pennewaert
Plus d'infos ?
Pour l'organisation durable de la Présidence de l'UE, voir :
http://www.sppdd.be/FR/presidence_de_l_ue
- 1 de 8
- ››
Enregistrez-vous afin de recevoir des informations sur mesure ou de nous faire parvenir vos réactions et suggestions.


