Développement durable Développement durable
31/08/2009
Cinq témoignages sur les festivals

Pukkelpop

Les opinions des journalistes sur la durabilité des festivals visités sont partagées. C'est ce qui ressort dès  la lecture des titres des témoignages. Les convaincus écrivent : « Le ‘Zomer van Antwerpen’ est-il un festival urbain durable ? Certainement !! » (Is de Zomer van Antwerpen een duurzaam stadsfestival?  Jazeker!!) ou « Esperanzah: festival engagé, festival durable, un état d’esprit ! ». Le critique, quant à lui précise : « Marktrock 2009 : pas vraiment durable. (Marktrock 2009: niet bepaald duurzaam). Les optimistes notent encore : « Potentiel d'amélioration de la durabilité pour les ‘Turnhoutse vrijdagen’ » (Duurzaam verbeteringspotentieel voor Turnhoutse vrijdagen), ou « Festival de Dour (16-19 juillet) : la durabilité à l'ordre du jour » (Dour festival (16-19 juli): aandacht voor duurzaamheid).

Il ne fait aucun doute que de nombreux festivals ont mis en place des initiatives durables. C'est ce qu'ont remarqué et décrit tous nos journalistes. Il est question d'actions de sensibilisation visant le public : parkings à vélos, tri des déchets et accès aux personnes handicapées, pour n'en citer que quelques-unes.

Cependant, d'importantes différences sautent aux yeux. Certains festivals investissent davantage dans la durabilité que d'autres. Ces festivals adoptent une approche stratégique de la durabilité fondée sur la règle des trois P (People-Planet-Profit). Esperanzah démontre que faire attention à la durabilité fonctionne : « cela donne à l'évènement une identité particulière qui a probablement aidé le festival à se faire une place au soleil qu'il occupe actuellement au sein des festivals de l'été. » De même, le ‘Zomer van Antwerpen’ semble, sous l'impulsion de son organisateur, s'être totalement converti à la « durabilité et à la diversité (culturelle) ».

D’autres festivals sont plutôt les héritiers de l'engouement pour l'environnement et la durabilité et mettent en place des actions individuelles en ce sens. La question est de savoir quels effets peuvent avoir celles-ci. Dans un article récent de la Gazet van Antwerpen, Kristof De Brabandere de l'organisation flamande Bond Beter Leefmilieu a tenté de répondre à cette question : « Par rapport à la problématique des déchets en Flandre dans son ensemble, les efforts des festivals musicaux ne sont que symboliques. Toutefois, il ne faut pas sous-estimer leurs initiatives, qui exercent réellement un impact sur l'environnement » ...

En lisant les témoignages, avez-vous également l'impression que les initiatives durables des festivals ont été mises en œuvre de manière incohérente ? En dépit des initiatives des services publics (gestion des déchets avec, notamment Fost Plus, la réalisation d'un 'eventscan' de l'OVAM, des subsides octroyés par le ministre fédéral Magnette), la plupart des festivals fonctionnent isolément et réalisent leurs propres expériences en matière de durabilité. Encore une occasion manquée pour prendre des leçons de l'expérience des autres ! Peut-être l'Ecostand de Dour aurait-il connu un meilleur succès s'il n'avait pas « été coincé entre l'une des sept buvettes et la baraque à kebab ».

Les autorités locales semblent également avoir manqué le train en marche, en particulier pour les festivals urbains. Ainsi, l'article sur le Marktrock invite la ville de Louvain à intégrer la durabilité dans sa subvention au festival. De même, la ville de Turnhout devrait inciter les organisateurs des ‘Turnhoutse vrijdagen’ à opter pour une gestion plus durable des déchets. Notre journaliste « n'a vu aucune poubelle et encore moins de possibilités de tri, ce qui, sur le plan de l'environnement, est totalement regrettable. »

En bref : de nombreux festivals se sont engagés sur la voie de la durabilité, mais la ligne d'arrivée est loin d'être atteinte. Comme concluait notre journaliste aux ‘Turnhoutse vrijdagen’ : « l'initiative est louable, mais je pense qu'il reste beaucoup de possibilités d'amélioration quant à la durabilité ».

PS : l'illustration de cet article a été envoyée par  Anke De Kort et montre le point de collecte des déchets au Pukkelpop. Selon elle, il n'y en avait que deux (!) et aucune poubelle ordinaire.

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