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15/07/2008
L’Hummer sur la chaise électrique

Les symboles de ce tête-à-queue stratégique sont puissants. Avec une consommation de 17 litres au 100 km sur autoroute et 24 litres en ville, le Hummer ressemblait de plus en plus à une aberration économique à supprimer au plus vite, bien qu’existant depuis 1992 seulement. Mais comment expliquer pareil revirement ? Une conscience écologique soudaine ? Pas vraiment. « Les prix plus élevés de l'essence sont en train de changer le comportement des consommateurs, explique le PDG, et ils sont en train d'affecter le type de véhicules vendus aux Etats-Unis ». Les ventes du Hummer en attestent. Alors qu’elles avaient déjà chuté de 20% en 2007, le premier semestre 2008 a enregistré une baisse de 36% par rapport à l'an passé à la même période, avec une pointe de 60% en mai !

Certes, le poids de Hummer pour General Motor est inversement proportionnel au gabarit de la voiture. Karine Le Maguet, co-fondatrice de Hummer France, n’évoque pas plus d’une bonne centaine d’exemplaires vendus dans l’Hexagone. Mais sa chute illustre la mauvaise tenue de route de tout le marché des gros véhicules. Et l’argument central est le prix du pétrole, une essence chère. « Un changement structurel » selon Rick Wagoner.

Cette prise de position sonne-t-elle le glas des véhicules lourds, inadéquats à la circulation en ville et gratuitement énergivores ? Les leviers semblent en place : le prix du pétrole ne cesse de grimper et le langage le plus compréhensible par les constructeurs, celui du marché, envoie des signaux clairs.

Place donc aux voitures électriques. Malgré les limites actuelles de la technologie (en vitesse et en autonomie), le changement de production de l’industrie automobile est en route : Peugeot-Citroën et Mitsubishi annoncent leur collaboration sur un véhicule électrique. Le groupe Nissan Renault vise la vente de 100 000 voitures par an à partir de 2015. Mieux : dès aujourd’hui, Toyota n’arrive plus à suivre la demande en voitures hybrides et son concurrent direct, Honda, lance la première voiture à l’hydrogène. Puisque le ridicule ne tue pas, GM a même lancé un Hummer…électrique !

Avec un retard de dix à quinze ans, les constructeurs automobiles clôturent donc l’époque des voitures mastodontes et de l’essence bon marché. Aux politiques à présent de profiter de cette vague pour limiter les gabarits et vitesses de nos véhicules. Histoire de ne pas vivre le retour des dinosaures, forcément de mauvais Hummers…

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Source : Olivier Bailly