
Les TIC, technologies de l'information et de la communication, permettent de réaliser d'importantes économies d'énergies et d'optimiser la durabilité de nombreuses activités. Pensons par exemple aux possibilités offertes par le télétravail ou à l'optimisation des besoins en électricité et combustibles pour les bâtiments.
C'est le rapport « TIC et développement durable » réalisé pour le ministère français de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire qui - étudiant l'impact environnemental de l'informatique - le dit d'entrée de jeu : « Globalement, les TIC ont un apport positif pour la réduction des gaz à effet de serre (en équivalents CO2). Toutefois, il est extrêmement difficile de quantifier avec précision cet apport. Selon les estimations, les TIC pourraient permettre d'économiser de 1 à 4 fois leurs propres émissions de gaz à effet de serre ». Le rapport indique également que les gains écologiques les plus probants seraient réalisés dans les secteurs du transport et du bâtiment.
Sébastien Close, directeur de ACDlec, société liégeoise spécialisée dans la domotique, confirme : « le recours à la domotique (informatique appliquée au bâtiment, permettant d'optimiser les consommations d'énergies, n.d.l.r.) permet de réaliser des économies d'énergie considérables, dans la gestion de l'éclairage d'un plateau de bureau par exemple, ou du chauffage différencié de différentes zones d'un immeuble ».
Plus de TIC, moins de consommation
Une étude financée par la Commission européenne et réalisée en 2008 par le bureau Bio Intelligence Services va dans le même sens. Elle constate l'accroissement des consommations électriques générées par le secteur des TIC et, dans le même temps, les importants gains énergétiques que les nouvelles technologies de l'information et de la communication permettent, spécialement dans les secteurs du bâtiment, de l'énergie, de l'industrie et des services.
L'étude envisage trois scénarios représentant différents niveaux d'aboutissement de l'effort écologique. Le scénario le plus abouti, ou « éco-scénario », donnerait ainsi, par exemple, une réduction de près de 35% de la consommation d'énergie dans le bâtiment résidentiel à l'horizon 2020. Un chiffre d'autant plus important que le secteur du bâtiment représente environ la moitié de la consommation électrique en Europe, souligne le rapport.
L'étude envisage par ailleurs les économies qui pourraient être réalisées grâce à la dématérialisation dans différents domaines d'activités. Il s'agit ici non seulement d'économiser l'énergie, mais aussi de limiter l'exploitation de certaines ressources (papier, CD, etc.). Les secteurs étudiés par les chercheurs sont, par exemple, le « e-gouvernement » avec un focus sur la santé et la fiscalité, le télétravail, le « e-ticketing », le « e-banking », le « e-commerce », etc. Selon les données de Bio Intelligence Services, la dématérialisation permettrait d'économiser 0,8% de la consommation électrique totale de l'Union européenne, ce qui représente 0,6% de la production de CO2 de l'Europe des 27.
32,5% d'économie
Au total, conclut le rapport, l'économie nette réalisée sur la consommation électrique à l'horizon 2020 dans l'Europe des 27 pourrait aller de 1,7% dans un scénario où rien ne change à 32,5% dans le cas de l' « éco-scénario »! Des chiffres à prendre avec précaution et qui ne donnent que des ordres de grandeur, mentionnent les auteurs de l'étude, qui relèvent par ailleurs qu'une réduction de la production des gaz à effet de serre n'est possible que dans l' « éco-scénario ». Dans ce cas, les économies d'énergie réalisée sont de l'ordre de 7 fois l'impact énergétique des TIC et les réductions des émissions de CO2 sont de l'ordre de 3 fois celles émises par les TIC.
Concrètement, prenant l'exemple de la domotique pour le secteur du bâtiment, Sébastien Close relève qu'une toute première possibilité offerte par les systèmes centraux programmés est l'extinction centralisée des éléments électriques d'un bâtiment. Nous entendons par là, que des détecteurs de mouvements pourraient, par exemple, éteindre une lumière oubliée dans un hall où il n'y a personne depuis une demi-heure. « La domotique permet en fait de paramétrer toute une série d'éléments d'une maison ou de locaux professionnels », souligne le directeur d'ACDlec.
C'est ainsi que l'on pourra programmer la centrale domotique pour gérer les stores et volets isolants, sur base de sondes et capteurs, de façon à limiter les pertes de chaleur d'un bâtiment lorsqu'il fait froid ou de protéger le bâtiment des rayonnements solaires. La gestion d'un chauffage via la domotique permet aussi de travailler par zone d'un immeuble, coupant le radiateur si une fenêtre est ouverte dans une pièce, par exemple, ou chauffant un seul espace en cas de nécessité, sans pour autant chauffer une quantité importante d'eau comme cela se ferait dans le cas d'un chauffage central classique.
Reste à calculer le rendement de tels systèmes en regard de leur coût. En effet, si les bâtiments professionnels paraissent pouvoir bénéficier de la domotique, le calcul doit être finement réalisé dans le cas des bâtiments de particuliers.
Arnaud Grégoire
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