Climat & énergieClimat & énergie
28/08/2009
Fost Plus: la gestion des déchets des événements

Fost Plus

Fost Plus: la gestion des déchets des événements

Entre mars et septembre 2009, pas moins de 23 événements ont collaboré avec Fost Plus afin de mettre en place un système de récolte et de tri des déchets. L’évolution est impressionnante depuis 2003, date à laquelle a commencé ce programme d’aide à la gestion des déchets. En 2009, ce ne sont pas moins d’1,3 million de festivaliers qui ont bénéficié de cette approche. L’heure est au bilan avec Youri Sloutzky, Public Relations manager chez Fost Plus.

Quel est le rôle de Fost Plus dans la gestion des déchets des événements?

Schématiquement, Fost Plus assume quatre rôles distincts lorsque nous collaborons à un événement : le plus visible est le prêt du matériel de collecte et de tri des déchets et de la signalétique ; nous nous occupons également de la coordination de cette gestion des déchets et nous nous assurons du recyclage effectif des flux collectés sélectivement; enfin et l’argument porte souvent là-dessus, nous finançons le traitement des flux de déchets collectés.

23 festivals font aujourd’hui appel à vous, quelle est la tendance observée ces dernières années ?

La progression a été fulgurante puisque nous avons commencé ce programme d’aide à la gestion des déchets en 2003 avec Dranouter, le festival Folk. Ce qui signifie que nous ne touchions que 80 000 festivaliers. Aujourd’hui, à travers 23 événements, nous en touchons 1,3 million. L’impact des grands festivals – Wechter, Dour, Francofolies… –, est évidemment énorme. Nous arrivons d’ailleurs à la limite de notre capacité d’intervention. Et, pour ne pas briser l’élan en cours, nous testons des partenariats avec les intercommunales de gestion des déchets qui pourraientaider les plus petits événements dans la gestion de leurs déchets. Nous saurons l’an prochain quelle leçon tirer des expériences menées.

Qu’est-ce qui motivent ces événements ? Quelle est votre analyse de cette augmentation ?

Jusqu’alors la gestion des déchets n’était pas un élément prioritaire dans l’organisation des festivals. Aujourd’hui une prise de conscience s’est progressivement amorcée : les déchets peuvent se révéler une nuisance et, du point de vue de la durabilité, leur gestion minimum  n’est plus tenable. Je me souviendrai toujours de cette image quasi dantesque d’une fin de festival où le sol était littéralement jonché de bouteilles et de canettes. On ne le distinguait plus. C’était en 2002. Depuis le mouvement s’est accentué et ce sont maintenant des événements de plus petites ampleurs qui nous sollicitent. C’est dans l’air du temps. Nous remarquons par ailleurs une nouvelle tendance portée par quelques festivals comme les Francofolies. En termes de durabilité, ces festivals marquent leur volonté de progressivement passer de la gestion des déchets à la diminution globale de l’empreinte écologique. Certains festivals comme Esperanza sont d’ailleurs à la pointe dans ce domaine.

Cette tendance est positive, mais n’y a-t-il aucun point négatif?

En matière de déchets, la particularité des festivals est qu’ils sont encore et toujours considérés par certains des festivaliers comme des défouloirs où les règles usuelles de vie en société ne sont plus de mises. Il est décevant de constater les déchets sauvages et les actes de vandalisme sur les matériels des exposants ou des partenaires. La conséquence malheureuse est que des exposants qui s’étaient inscrits dans une démarche de durabilité et cherchaient à réutiliser leur matériel sur plusieurs festivals ont fini par abandonner cette démarche puisque leur matériel avait été vandalisé. Ils passent alors à du matériel jetable et abandonnent le matériel réutilisable. Les grandes bâches en PVC font place à des bâches en feutrine. Par ailleurs, nous sommes de plus en plus étonnés devant la masse de matériels que les festivaliers campeurs abandonnent sur le camping : tente, siège, lit de camp, sac de couchage, vêtements. Nous ne savons pas à quoi attribuer ce comportement qui semble s’accentuer. L’hypothèse est que la baisse des prix du matériel de camping en fait un matériel jetable dès qu’il a été soumis à quelques nuits de camping.

Faut-t-il encore accentuer la sensibilisation et instaurer des pratiques novatrices dans ce domaine ?

Je le pense. Il faudra toujours s’assurer que la sensibilisation a lieu sur le festival même. Le tri des déchets ne fonctionne réellement que lorsque des équipes, souvent des bénévoles, sillonnent le festival pour diffuser le message et vider les poubelles à intervalles réguliers. Mais, la sensibilisation ne s’arrête pas là. Parmi d’autres, une initiative intéressante a été The Bottle machine, une sorte d’usine sur roues tractée par deux animateurs. Le principe est simple : le festivalier y glisse une canette et aux termes d’une série d’étapes fictives – bruits compris ! – il en ressort un fruit, un œuf, bref un aliment comestible qui lui est offert. Une manière d’expliquer que tout est récupérable, transformable et capable de donner naissance à autre chose. L’enjeu est fondamental car la quantité de déchets générés par festivalier sur un grand festival comme Dour est impressionnante. Les 140 000 festivaliers ont généré 180 tonnes de déchets, soit plus d’un kilo de déchets par festivalier sur l’ensemble du festival !

Quel a été le bilan de la saison des festivals ?

Il est à la hausse. L’année passée, nous avions récolté une cinquantaine de tonnes de PMC (n.d.l.r. : bouteilles et flacons en Plastique, emballages Métalliques, Cartons à boissons). Cette année, nous devrions approcher les soixante tonnes, mais nous ne disposons pas encore des chiffres définitifs. Selon les festivals, la proportion de déchets recyclables varie, mais on avoisine les 10% de déchets recyclables par festival. Je pense que nous pourrions atteindre une proportion de 20% de déchets recyclables par festival, mais il faudra encore du temps. Il faut rester optimiste, les progrès enregistrés en quelques années nous indiquent clairement la voie à suivre.

Printer-friendly versionSend to friend
Source : Youri Sloutzky (PR): public.relations@fostplus.be, 02/775.03.50
Website :