
Le poisson, c’est la santé. Les acides gras oméga-3 contenus dans le poisson réduiraient considérablement le risque de maladies cardiaques et coronariennes. Une carence en vitamine B12 (présente dans le poisson) sextuplerait les probabilités d’une compression cérébrale. En outre, la consommation d’une quantité suffisante de poisson réduit le risque de dépérissement cognitif chez les personnes plus âgées. Une étude grecque a démontré que 150 grammes de poisson par semaine constituent la quantité préventive minimale de protection. Selon les sources disponibles, le Belge moyen consomme entre 135 et 180 grammes de poisson par semaine. Même si la moyenne est donc assez bonne, se pose cependant encore la question de la provenance de ce poisson et de son innocuité pour le consommateur.
Si vous souhaitez acheter du bon poisson, vous disposez de deux canaux d’information.
Tout d'abord, le site Internet www.visinfo.be, mis en ligne par le Vlaams centrum voor agro- en visserijmarketing (VLAM). L’objectif de ce site est d’assurer la promotion du poisson pêché par les armateurs belges. En termes de durabilité, il est principalement tenu compte des saisons.
Luk Huysmans (VLAM) précise : Pour certaines espèces de poisson, comme le poisson plat, la saison du frai est très importante ; à cette période, les poissons privilégient en effet la quiétude. Nous tentons, via visinfo.be, d’informer les gens à propos des périodes propices d’achat des diverses espèces pélagiques.
Deuxièmement, le site www.goedevis.nl, une initiative de la Fondation néerlandaise de Noordzee, en collaboration avec le Fonds mondial pour la nature. Chaque année, cette fondation publie un aperçu actualisé des poissons dans lequel les espèces populaires aux Pays-Bas (la consommation de poissons de nos voisins du Nord étant assez proche de la nôtre) sont labellisées en vertu de critères de durabilité. Les poissons sont répartis en 4 catégories : rouge (à éviter de préférence), orange (deuxième choix), vert (excellent choix) et MSC. Le classement tient compte de l’endroit de capture du poisson, de la technique de pêche, des problèmes de reproduction, de la surpêche et de l’empreinte écologique.
L’utilisation conjointe de ces deux outils vous donne des informations extrêmement utiles à propos des périodes (visinfo) au cours desquelles vous pouvez acheter de manière responsable certaines espèces (viswijzer).
MSC (Marine Stewardship Council) est le label halieutique le plus célèbre au monde. Il a été créé par le WWF et Unilever (propriétaire à l’époque de la marque Iglo) et est conforme au code de conduite de la FAO pour une pêche responsable. Ce label est cependant très peu connu en Belgique :
Luk Huysmans : MSC est assez onéreux pour les petites exploitations de pêche (NDLR : on comptait, à la fin de 2006, 107 bateaux de pêche pour 90 armateurs). Il serait préférable de disposer d’un label établi par les pouvoirs publics en collaboration avec le secteur. Les Pays-Bas s’y attellent sans relâche et la Belgique a également l’ambition d’élaborer un label pour l’ensemble de la flotte.
Ben Desmyter (Rederscentrale) précise : MSC est davantage axé sur le marketing que sur la qualité. En outre, son coût initial en termes de pré-étude, de conditions et de contrôles, est bien trop élevé, notamment pour les petites entreprises belges. Du reste, l’Europe compte déjà plus de 30 labels et MSC n’est donc pas un must.
Kris Debeuckelaere (Gadus sa) ajoute : La pêche écologique et durable est en marche. Depuis 2002 déjà, Gadus commercialise des produits certifiés MSC sur le marché belge. Nous sommes à l'heure actuelle accrédités pour une douzaine de produits. Gadus collabore aussi étroitement avec le secteur du détail afin, en fonction des possibilités, d’introduire des produits MSC ou de remplacer des produits existants par ces alternatives durables. Des procédures draconiennes en matière de surveillance du produit MSC – depuis la source jusqu’aux rayonnages – ont bien évidemment été édictées. Le respect de ces procédures est vérifié chaque année par un organisme de contrôle agréé. Même si nous sommes d’avis que MSC n’est pas encore suffisamment connu, nous croyons cependant que les choses pourraient rapidement changer.
Dirk-Jan Parlevliet (Parlevliet sa) : Dans les années 1970, la pêche du hareng a été interdite pendant 6 ans en Mer du Nord et nous en avons tiré de nombreux enseignements. Tout le secteur pélagique travaille désormais à l’unisson. Nous avons convaincu nos fournisseurs norvégiens d’adopter le label ; pratiquement tout le secteur du hareng est certifié MSC et conseille l’ICES dans le cadre de l’établissement des quotas. Nous nous battons pour une interdiction des installations de tri sur les gros navires afin de lutter contre les rejets à la mer et examinons avec Greenpeace les modalités de création d’un sanctuaire (c'est-à-dire un lieu de reproduction pour le hareng, situé au large du Danemark). Même si nous n’en retirons à l'heure actuelle aucun bénéfice commercial, le marché évolue également en la matière dans la bonne direction.
En termes de labels, le poisson durable belge serait une denrée rare : mais la situation est également en train de changer.
Ben Desmyter: Des investissements massifs en techniques plus durables sont à l'heure actuelle consentis. Nous ne pouvons cependant pas abandonner complètement, du jour au lendemain, la pêche au chalut (NDLR : une technique ayant de nombreuses incidences négatives sur les fonds marins, très gourmande en carburant et générant de grands volumes de prise accessoire). Toutes sortes de nouvelles techniques sont en cours d’examen (le Pulskor, le Filet maillant, le filet passif…) pour apporter une réponse aux problèmes écologiques, économiques, voire sociaux. En outre, une collaboration intensive avec des scientifiques génère des “fermetures en temps réel” de certaines zones et nous essayons dans la mesure du possible de ne pas pêcher pendant la période du frai.
Hans Polet (ILVO): L’introduction de certificats se précise et des collaborations entre flottes voient peu à peu le jour. A l'heure actuelle, la prise de conscience des acteurs du marché est réduite, mais certains supermarchés, comme Albert Hein aux Pays-Bas, prônent ouvertement cette approche. Un vent nouveau souffle ces dernières années sur le secteur - et il est clairement plus durable.
Impossible de tirer une conclusion plus claire. Hissez les voiles, un vent durable souffle sur la pêche !
[1] http://yaleglobal.yale.edu/content/how-not-kill-oceans-fish [2] http://ec.europa.eu/fisheries/press_corner/press_releases/2009/com09_28_... [3] http://www.europarl.europa.eu/news/public/story_page/033-39948-350-12-51... [4] http://www.bupa.co.uk/health_information/html/health_news/300604fish.html [5] http://www.demorgen.be/dm/nl/993/Gezondheid/article/detail/417715/2008/0... [6] http://lv.vlaanderen.be/nlapps/data/docattachments/op_zeevisserij.pdf [7] http://lv.vlaanderen.be/nlapps/data/docattachments/op_zeevisserij.pdf">http://yaleglobal.yale.edu/content/how-not-kill-oceans-fish
[2] http://ec.europa.eu/fisheries/press_corner/press_releases/2009/com09_28_...
[3] http://www.europarl.europa.eu/news/public/story_page/033-39948-350-12-51-904-20081020STO39947-2008-15-12-2008/default_nl.htm
[4] http://www.bupa.co.uk/health_information/html/health_news/300604fish.html
[5] http://www.demorgen.be/dm/nl/993/Gezondheid/article/detail/417715/2008/09/16/Hersenen-krimpen-bij-vegetariers.dhtml
[6] http://lv.vlaanderen.be/nlapps/data/docattachments/op_zeevisserij.pdf
[7] http://lv.vlaanderen.be/nlapps/data/docattachments/op_zeevisserij.pdf
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