
Le « New deal écologique » : environnement et économie
Le rapport a été rédigé par un groupe composé d’activistes environnementaux et d’économistes de premier plan. Cette dualité se reflète d’ailleurs clairement dans le rapport. Deux remèdes sont ainsi proposés : une nouvelle réglementation des marchés financiers et des régimes fiscaux d’une part, et un programme axé sur la durabilité d’autre part. Ce dernier vise une réduction de la consommation de combustibles fossiles et s’attaque, dans une même dynamique, à l’augmentation du chômage et à la diminution de la demande.
Grâce à différentes mesures politiques et à de nouveaux mécanismes d’investissement, le rapport prévoit une diminution des émissions de gaz à effet de serre, ainsi qu’une résolution du problème de la raréfaction progressive des sources énergétiques par le pic pétrolier.
Le programme de réforme est la combinaison d’une stabilisation à court terme et d’une restructuration à long terme des systèmes financier, fiscal et énergétique. Le programme de réforme écologique est destiné à s'appliquer à l'échelle planétaire, mais exige, selon ses auteurs, des actions au niveau local, régional, national et international.
« New deal écologique »: chevaux de bataille
Un bref récapitulatif des principaux remèdes dictés par le rapport démontre rapidement la mesure de son ambition.
- Économie d’énergie pour chaque bâtiment. Favoriser l’efficience énergétique dans des dizaines de millions d'immeubles et encourager le plus possible la production d’énergies renouvelables.
- Former une « armée climatique » composée de main-d’œuvre humaine. Réformer l’économie actuelle pour qu'elle passe d'un régime trop axé sur les services financiers et la consommation, à un régime qui sera le moteur du virage écologique.
- Veiller à ce que les prix pétroliers assument de manière réaliste le coût environnemental. Les taxes sur le CO2, les revenus issus du commerce des droits d’émission et un « fonds de succession du pétrole » alimenté par une taxe sur les bénéfices de l’industrie pétrolifère financent le passage vers une économie écologique.
- Le développement d’une large gamme d’innovations et de stimuli financiers divers afin d’apporter les milliards nécessaires au programme de réforme écologique. Des investissements intelligents qui soutiendront non seulement le développement d'une nouvelle infrastructure énergétique efficace, mais qui permettront aussi d’endiguer la demande énergétique, à commencer chez les personnes socialement plus défavorisées.
- Définir les nouvelles règles du système financier, par exemple la réduction du taux d’intérêt de toute une série d’instruments de crédit.
- La régulation et la limitation du secteur financier international afin qu’il convertisse dans l’économie mondiale les avoirs de l’épargne en des investissements productifs et durables.
- Une scission des institutions financières décrédibilisées en les réduisant à une taille suffisamment petite pour éviter toute réaction en chaîne au détriment des épargnants ou de l'ensemble du système en cas de dysfonctionnement éventuel de celles-ci.
- Instaurer un organe officiel de surveillance des produits dérivés et autres outils financiers exotiques. Le commerce doit se limiter à des produits approuvés par cet organisme. En finir avec les paradis fiscaux.
Les décideurs politiques emboîtent le pas
Nombre de politiciens ont annoncé vouloir profiter de la crise du crédit pour repartir sur de nouvelles bases à travers le « New deal écologique ». À cet égard, l’Union européenne, chef de file mondial, a déjà préparé des actions concrètes. Ses États membres la suivent à l’unanimité. Depuis l’arrivée du nouveau président Obama, les États-Unis ont également adopté un plan de stimulation dans lequel l’État investira dans la production d’énergie durable afin de tendre vers une « économie écologique ». Les politiciens semblent désormais accorder aux panneaux solaires et aux éoliennes une valeur inestimable.
Quels effets sur la crise économique ?
« Stimuler les investissements dans les énergies et en faveur du climat n’apportera pas de solution à la récession actuelle ». Cette conclusion émane du Bureau central du Plan (CPB) et du Bureau du Plan pour l’environnement néerlandais (PBL), qui évoquent un délai de plusieurs années avant que les effets de telles mesures ne se ressentent. Les investissements destinés à stimuler la conjoncture défavorable que nous traversons doivent être provisoires et ciblés et sortir rapidement leurs effets. Ainsi, plusieurs projets infrastructurels complexes ont été abandonnés, en raison du temps trop long que nécessitait leur mise en œuvre.
Selon ces experts, une solution immédiate à la crise actuelle réside dans les investissements réalisés dans les économies d'énergie au sein des habitations et des bureaux.
Reste à savoir, poursuivent-ils, dans quelle mesure la crise du crédit nous rapprochera de ces objectifs environnementaux. La crise du crédit entraîne en effet une diminution de la production et, par conséquent, une réduction des émissions de substances nocives. Le CPB déclare que le recul de la production a non seulement ralenti la progression des émissions de gaz carbonique, mais a même inversé la tendance. Au risque de paraître cynique, tout porte à croire que la crise financière nous permette de satisfaire aux objectifs de l'Accord de Kyoto. Morale de l’histoire : tout chose négative a aussi son côté positif.
2 mars 2009
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