InternationalInternational
18/12/2009
Copenhague, point de vue ONG

Copenhague actions ONG

L’organisation faîtière TckTckTck’ a contribué entre autre avec “Beds are Burning”, à une pétition musicale à laquelle plusieurs stars mondiales donnaient leurs voix, et avec une fabuleuse collection de photos. La campagne “Seal the Deal” des Nations Unies est, avec sa mosaïque photographique, probablement la campagne la plus connue, tandis que la “Action-Pact” de Greenpeace permet d’envoyer un paquet interactif à Copenhague. Seulement sur le site web de Greenpeace, plus de 3250 évènements partout au monde se sont inscrites en marge du sommet climatique. Parallèlement, plusieurs ONG disposaient d’accréditations pour permettre à leurs représentants de participer au sommet en personne, bien que beuacoup d'entre eux ont perdu leur accès au cours des dernières journées.

Environnement, Nord-Sud et tiers monde sur la même ligne

Au milieu de scènes de médecins, essayant de réanimer la terre, d’attribution de prix comme “le fossile du jour” (1) ou “la sirène malveillante” (2), ou du Earth Hour Copenhague avec comme point culminant le transfert du “People’s Orb” (3), Mohammed Nasheed, le président des Maldives, se propose de mettre la situation en perspective: “La génération antérieure était sur la lune. Cette génération doit décider si elle veut continuer à vivre sur cette terre.” (4) Cette proposition est certainement valable pour des états insulaires tels que Tuvalu. Celui-ci demande, ensemble avec plus de 100 autres pays, de limiter le réchauffement de la terre à 1,5 degrés Celsius (5). C’est plus bas que les 2 degrés auxquels on aspire généralement. L’Archevêque Desmond Tutu demande également aux pays développés de garder l’augmentation de la température sous contrôle. L’alliance implicite entre les ONG et le tiers monde sur la conférence indique qu’il y a d’autres agendas que celui du changement climatique.

Jean-Pierre de Leener (11.11.11): L’histoire du développement durable vient du côté vert, mais est transformé par la société civile en thème Nord-Sud. La discussion se déplace de l’air propre et des ours polaires vers les gens et la nourriture. La problématique d’alimentation et d’eau est récemment devenu le thème principal.

Samedi le 12 décembre, entre 30.000 et 100.000 personnes se sont réunies dans les rues de Copenhague, suivis par plusieurs milliers d’autres partout au monde. Les cloches de l’église de Copenhague ont sonné 350 fois pour mettre l’attention sur l’objectif de concentration de CO2 (6). Des slogans tels que “Act now” et “Planet First, People First”, résonnaient simultanément des représentants des organisations pour l’environnement et Nord-Sud.

Sam Van Den Plas (WWF): Il est inutile de se concentrer sur ce qui nous sépare, quand il y a bien plus d’éléments qui nous réunissent. 80 % de réduction de CO2 pour l’an 2050, 40 % pour l’an 2020, rester le plus possible en dessous des objectifs de 2 degrés d’augmentation de température et de 350 ppm (7), et tout cela au sein d’un accord équilibré, juste et contraignant: ce sont les objectifs principaux du “Climate Action Network” , composé de plus de 500 membres (8).

La plupart des ONG se rassemblent aussi derrière l’objectif de 200 milliards/ an pour les transferts de technologie et d’aide financière pour les pays en voie de développement, mais ils se rendent compte que la réalité politique pourrait être différente (9).

Jean-Pierre de Leener: Pour nous, il ne s’agit pas seulement des transferts de technologie. On doit évoluer vers une autre forme de développement avec beaucoup plus d’attention pour l’éducation, les structures démocratiques, la biodiversité et les droits des peuples indigènes.

Sarah Vaes (VODO): La différence entre ce qui est nécessaire et ce qui est acquis, reste énorme. Au niveau du financement ni les promesses au court ou au long terme ne suffisent.

Le président Soudanais du G77 (10) exprimait son indignation ainsi: “Si le changement climatique est aussi menaçante, comment expliquer alors $10 milliard? $10 milliard ne suffit même pas aux pays en voie de développement pour payer les cercueils de ses citoyens.” (11)

Différences internes

En observant de plus près les positions des ONG et des pays en voie de développement, des petites différences de point de vue se font remarquer. La plupart des ONG supporte la fondation d’un fonds international, strictement contrôlé, en charge de l’administration et la supervision de “l’argent vert” et qui peut, s’il s’avère nécessaire, sanctionner les abus. Les pays du G77, en revanche, sont moins enthousiastes face à cette idée.

Aussi entre les différentes ONG, on trouve des divergences d’opinion. En ce qui concerne la compensation carbone, par exemple. Dans le Protocole de Kyoto, il était prévu que les pays du Bloc de l’Est puissent garder leurs émissions au niveau de 1990. Le démantèlement de plusieurs industries soviétiques jugées inefficaces, a cependant eu pour conséquence une diminution de 30 % par rapport à 1990. La différence a été vendue aux pollueurs qui n’arrivaient pas à suffisamment réduire leurs émissions. L’action “Flood for Climate Justice” des Friends of the Earth - pour laquelle un flux de 5000 personnes emballés en bleu coulait à travers de la capitale danoise - symbolisait la protestation contre le système de la compensation carbone, qui n’a, dans l’accord climatique présent, que des avantages pour les pays développés (12).

Sam van den Plas: Pour la WWF, la compensation carbone est envisageable jusqu’à 10% (de 40% de réduction carbone pour 2020). Mais il faudra empêcher les fraudes qui sont à présent possibles. Pour d’autres organisations, comme Friends of the Earth, cette solution n’est pas envisageable.

Jean-Pierre de Leener:  Je pense que nous partageons le point de vue de Friends of the Earth. Nous ne voulons certainement pas que la Belgique atteigne ses objectifs en achetant de l’air à l'étranger.

De l’espoir pour un accord ambitieux, juste et contraignant

Entretemps des calottes glaciaires fondantes font monter le niveau des mers et risquent d’inonder de vastes territoires sur terre. Pas seulement les états insulaires ou Bangladesh, mais aussi les Pays Bas ou New York se situent dans la zone de danger. Pour l’accentuer, la ONG Avaaz a construit un arche de Noé à Washington, intitulé “Climate Plan B”. Ceci en tête, les ONG ont réalisé que leurs différents internes ne peuvent empêcher une bonne solution.

Sarah Vaes: Il me semble que toutes les ONG mettent l’accent sur les sujets qui leurs sont propres, mais pour les thèmes de lutte importants, il y a consensus. Pas seulement en Belgique, mais partout dans le monde.

A suivre, sans doute...

 

(1) Un titre d’honneur journalier pour le pays qui boycotte le plus l’accord contraignant.  Remis par Climate Action Network. (2) Prix émis le 15 décembre au groupe anti-lobby le plus efficace. L’honneur douteux était pour Monsanto. Shell et the American Petroleum Institute complétaient le podium. (3) Une clé USB de forme sphérique avec 350 gigabyte de vœux, ambitions et plans autour du réchauffement climatique, qui a fait le tour du monde. Pendant Earth Hour (1 décembre entre 19h et 20h), il a été remis à Ban Ki-Moon. (4) Bond Beter Leefmilieu (5) 2 degrés globalement, signifie 3,5 degrés pour l’Afrique, ce qui diminuera la quantité d’eau disponible et la capacité de produire de la nourriture et fera augmenter le nombre de catastrophes (6) Une action de www.350.org. Nous avons déjà atteint un niveau de 380 particules par million, selon le journal flamand "de standaard". (7) Ppm est une abbréviation pour particules par million. Ca exprime combien de particules de CO2 se trouvent dans l’air. Avant la révolution industrielle, il y en avait 275. (8) Voir également Climate Action Network (9) Comparaison. $8,400 milliard ont été payé pour sauver les banques selon Oxfam (10) Le G77 est la plus grande coalition des pays en voie de développement au monde. elle a été fondé le 15 juin 1964 avec 77 pays. Maintenant elle compte déjà 130 pays parmi lesquelles la Chine, l’Inde et le Brésil. (11) http://www.wwf.be/nl/?inc=news&newsid=738&pageid=news  (12) http://www.bondbeterleefmilieu.be/page.php/30/454/11586 Un regard critique sur le système “Cap & Trade” est disponible sur le site
www.storyofstuff.com (13) Photo de l'arche de Jeff Malet ; source Street Insider (Anglais)<-->

Printer-friendly versionSend to friend