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06/03/2010
L’énergie, un défi populaire

Bruxelles Environnement - IBGE accompagne des citoyens qui veulent réduire leur impact carbone et par la même occasion réduire leurs dépenses. Après avoir constaté que les milieux plus modestes répondaient peu à l'appel, les initiateurs du « défi énergie » ont développé une approche spécifique pour ce public. Avec succès.

C'était en 2005. Bruxelles lorgnait sur Kyoto. Et en regardant sa facture, la Région Bruxelles-Capitale constata que les citoyens étaient les premiers concernés : 40% de la consommation d'énergie est due aux logements et 70% du CO2 est produit par le chauffage !
Aussi, Bruxelles Environnement - IBGE lança un défi aux Bruxellois : le Défi Energie.

L'objectif : changer de comportement pour réduire à la fois ses factures et son empreinte écologique. Pour y parvenir, pas de retour à l'âge de pierre, mais des petits gestes quotidiens malins. L'IBGE offrait un accompagnement à qui voulait se lancer dans l'aventure. « Parmi les outils proposés, le calculateur permettait par exemple d'estimer rapidement les économies réalisées, ce qui était très motivant pour les ménages » explique Pascal De Mulder, de la Division Energie de l'IBGE.

Au gré des conférences, d'informations via Internet et de dépliants, de nombreux candidats se présentèrent. Leurs économies, au bout de six mois étaient conséquentes : 20% de diminution de leur consommation !

Mais il y a un hic. « En fonctionnant avec ces moyens de communications, nous captions un public au profil similaire : niveau d'études élevées, revenus supérieurs à la moyenne, habitant plutôt au Sud de Bruxelles et propriétaire ».

Sur base de ce constat, le défi Energie rentre alors dans une seconde phase : il entend toucher les milieux populaires à revenus modestes. Alors que par ailleurs, les aides sont surtout orientées vers les propriétaires, l'idée est alors de prouver que les locataires peuvent aussi réaliser des économies sur l'énergie.

Pour affiner le message, le Défi Energie ajoute une phase de sensibilisation et décide d'aller vers des groupes déjà existants, rassemblés pour diverses raisons : des groupes alpha, des projets de réinsertion professionnelle, des cours de cuisine, des groupes de lecture ou encore des femmes réunies pour lire le Coran.
« Les débuts ne furent pas faciles et il y eut beaucoup de refus des associations, se rappelle Pascal De Mulder, mais une fois la confiance établie et les premières animations données, le bouche à oreille a fonctionné. »

Les animations se déroulaient en trois séances. « Nous débutions la présentation avec une visite virtuelle d'une maison, explique Jonas Moerman, formateur à Eco-Consommation, en commençant par la cuisine et le salon. Des gestes simples étaient expliqués et nous exprimions les économies directement en euro, pas en CO2. » A la fin de la séance, une multiprise avec interrupteur était donné. Une manière de créer une discussion et d'avoir une application concrète des informations transmises.
Les deuxième et troisième rencontres terminaient la visite virtuelle (par la salle de bain) et les participants en venaient eux-mêmes à reformuler les conseils. « Une fois le sujet lancé, les personnes réagissaient beaucoup, discutaient et échangeaient très facilement. »

Certes, l'environnement peut paraître un souci de luxe quand on cherche en fin de mois les derniers sous pour payer la scolarité des enfants ou le chauffage, pourtant « les participants se sentaient concernés par l'environnement. Les parents notamment. » explique Pascal De Mulder. Avec parfois des implications étonnantes. Ainsi, deux personnes du quartier Bonnevie (Molenbeek-Saint-Jean) après avoir fait six mois le défi Energie, ont suivi une formation pour eux-mêmes transmettre ce savoir.

« Mais la connaissance de la langue des deux personnes n'était pas assez poussée pour assimiler toutes les nuances, raconte Marie-Claire Migerode, coordinatrice de la Maison de Quartier Bonnevie. Nous avons retravaillé avec eux une animation pour trouver des mots plus accessibles pour eux et leur public. Avec ce soutien, ils donnent des formations ‘énergie' ». Les formateurs privilégient les contacts personnels, et ça marche. Une maison médicale d'ATD-quart monde, des personnes âgées, une AMO (service d'aide en milieu ouvert), l'école du fiston, ou encore un groupe de mamans ont eu la visite de ces deux bénévoles. « Ils approchent un public peu touché par toute information écrite. Ils ne sont pas des spécialistes énergie mais des citoyens actifs qui partagent leur expérience. Le système a ses limites mais les informations passent très bien parce que les publics sont conscients que c'est avant tout du vécu qui est transmis. »

Aujourd'hui, à l'IBGE, le Défi Energie a temporairement fermé ses portes. En 5 ans, 2500 ménages soit 6000 Bruxellois auront été touchés. Point final ? Non. « Cette année est pour nous l'occasion de penser à un nouveau service à Bruxelles Environnement-IBGE, un service plus large, individualisé pour les Bruxellois, souligne Pascal De Mulder. Le bilan du Défi Energie va nous permettre de penser ce service de manière adéquate. Concernant le Défi Energie en lui-même, la dynamique mise en route est placée entre parenthèses cette année. Nous allons revoir la méthodologie et prendre le temps d'analyser les informations récoltées, mais l'initiative continuera ». Bruxellois, soyez prêts et économisez votre énergie. Un nouveau défi vous attendra en 2011.

Olivier Bailly

 

Pour plus d'informations :

Maison de quartier Bonnevie - http://bonnevie.vgc.be/

Bruxelles Environnement IBGE - http://www.bruxellesenvironnement.be

Les conseils du Défi Energie - http://www.bruxellesenvironnement.be/Templates/defi_energie.aspx?langtype=2060

 

 

 

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