
Quelle peut être la contribution du trafic ferroviaire à une mobilité plus durable d’ici 2050 ?
Leen Uyterhoeven (LU) : Esquisser un scénario pour 2050 s’apparente plutôt à de la spéculation, mais nous avons pour objectif de transporter 25 % de voyageurs supplémentaires d’ici 2012, et nous prévoyons pour 2020 une croissance d’environ 45 %. Plus le changement de paradigme, dans ce cas le passage de la voiture au train, est important, plus l’impact sur les émissions de CO2 est positif. Les chiffres le prouvent : nous sommes responsables en Belgique de 6,5 % du transport de passagers et de 11 % du transport de marchandises, mais nous n’avons besoin, pour cela, que de 3,3 % de l’énergie totale utilisée par tous les modes de transport réunis. Pour des déplacements inférieurs à 1 000 km, le train reste une alternative très intéressante, tant au niveau de l’impact sur l’environnement que de la consommation énergétique. Un usager du rail produit même cinq fois moins de CO2 qu’un passager automobile. On constate d’ailleurs depuis 1992, selon des chiffres de la SNCB, une diminution de 32 % des émissions de CO2 dues au trafic des voyageurs. Cette baisse importante est la conséquence d’un accroissement de la productivité (chaque train transporte plus de voyageurs), mais aussi et surtout d’une augmentation du nombre de locomotives électriques. Cette diminution des émissions provient également du fait que nous avons aujourd’hui la possibilité d’utiliser de l’électricité générée de manière alternative.
La SNCB utilise-t-elle de l’énergie verte pour la traction de ses trains ?
LU : C’est assez limité, mais nous travaillons tout de même énormément sur la question. Nous nous sommes associés à un projet visant la création d’un parc à éoliennes le long de la ligne à grande vitesse entre Louvain et Liège. La SNCB utilisera elle-même une grande partie de l’énergie produite, ce qui représente tout de même quelque 3 % de sa consommation totale en matière de traction. Il ne s’agit certes que d’une initiative isolée, mais elle n’est pas négligeable. Pour le reste, nous dépendons bien entendu de l’offre de notre fournisseur.
Des réseaux de banlieue ou express régionaux (RER) se développent en différents endroits du pays. Les plans prévoient également l’aménagement de grands parkings qui sont sujets à pas mal de critiques. De tels parkings sont-ils nécessaires ?
LU : Dans les cinq prochaines années, 45 000 places de parkings supplémentaires vont être construites, aussi bien pour les voitures que pour les vélos. Nous avons choisi d’investir fortement dans cette voie. Pourquoi ? Si nous voulons continuer à intensifier le trafic ferroviaire et transporter plus de passagers, tout un chacun doit avoir la possibilité de se rendre à la gare par n’importe quel moyen. Si le voyageur souhaite combiner plusieurs trajets, déposer les enfants ou faire des courses, il doit pouvoir utiliser sa voiture si nécessaire. C’est pourquoi nous souhaitons pouvoir garantir une place de parking à tous nos voyageurs. Cet atout doit permettre d’améliorer l’accessibilité des gares pour tout le monde. Il nous semble positif que les gens réalisent déjà ne fût-ce qu’une partie de leurs déplacements en train, et il faut les y encourager : s’ils ne sont pas certains de trouver une place de parking à la gare, ils poursuivront leur route en voiture.
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