
Pour atteindre un monde durable en 2050, le 4e rapport fédéral du Bureau du Plan pointe un objectif financier : la dette publique belge devra descendre sous les 60% du PIB (comme lui impose par ailleurs le pacte de stabilité européen).
Et c’est bien parti. Partant de 134 % de l'ensemble des richesses produites en un an par la nation, la dette publique a chuté à 84% en 2007. Pour autant, cela ne signifie pas que le chiffre absolu des sommes dues diminue. Au contraire, il augmente (de 15 milliards entre 2006 et 2007), mais la capacité de l’Etat belge à rembourser s’améliore : le PIB augmente et les charges de la dette diminuent. Aussi, la dette desserre un peu plus chaque année son étreinte sur le budget de l’état. Son remboursement n’accapare plus « que » 8.7% du budget en 2005 contre 22.4% en 1990.
Plus de marges budgétaires donc en 2050 ? Oui, mais des défis importants, nouveaux et partiellement prévisibles, attendent les finances publiques. A commencer par le vieillissement de la population. Un Fonds de vieillissement créé en 2001 accumule tant bien que mal (il n’a pas été alimenté en 2007 et 2008) des excédents budgétaires pour amortir l’abondance des cheveux blancs, coûteux en pensions. Augmenter le taux d’emploi des personnes âgées et repousser l’âge de la pension sont d’autres pistes poursuivies. Mais mêmes couronnées de succès, ces mesures ne permettront pas au trésorier de s’assoupir sur ses lauriers. D’autres dangers guettent les deniers publics. Le changement climatique par exemple. Ou encore l’augmentation des dépenses en soins de santé liés à la vieillesse mais aussi à l’obésité.
Bref, prévoir dès aujourd’hui des marges budgétaires pour les ‘imprévus’ de 2050 relève de la gestion saine. Faute de cette élémentaire prudence, ce sera hausse d’impôts ou réduction des services publics. Des perspectives peu réjouissantes. Et surtout évitables dans un monde durable.
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